Bêêê disait le mouton.

Ah ah, me revoilà.

Hier, mon programme du jour était d’aller d’Etrèchy à Villejuif par les moyens de transport. RERC, arrivée à Austerlitz, ligne 5 jusqu’à Place d’Italie puis ligne 7 jusqu’à la station Paul Vaillant-Couturier. Simple, basique.
En fait, trop simple. Un peu de piment dans la vie est toujours nécessaire.
Les RER C n’allaient pas plus loin que Juvisy. Donc changement à Juvisy, passage par le RER D. Aïe, suis en terre inconnue. Gare de Lyon puis la ligne 14 jusqu’à Bercy puis la ligne 6 jusqu’à Place d’Italie et enfin, la ligne 7.

A l’aller, à Juvisy, j’ai suivi le mouvement de foule de tous ces gens qui changeaient de ligne comme moi. Bêêê, j’ai fait mon petit mouton. Me suis dit : ils ont l’habitude. Sur le quai, je n’ai pas vu les stations s’afficher, je n’ai vu que la station finale donc incertitude totale. Je demande à un type qui me confirme que je suis dans la bonne direction. Je monte, m’installe sur une place côté couloir comme la plupart des personnes. Une dame de mon âge passe dans ce couloir, chargée d’une petite valise. Pas facile pour elle de passer et de prendre une place côté fenêtre en enjambant tout le monde. Personne ne réagit, ne réalise. Je me pousse contre la vitre pour lui laisser ma place. Elle était ravie. On a patati pataté de la région parisienne, de l’agressivité des gens, des Parisiens (elle est parisienne), de l’individualisme des gens. Je lui ai dit que les gens allaient très mal et qu’ils se repliaient sur eux pour se protéger.

Bref, je fais ce que j’ai à faire à Villejuif. Je repars pour Etréchy. J’anticipe mon retour et cette terre inconnue à Juvisy. Je fais une capture d’écran des horaires du RER D.
J’arrive à Gare de Lyon, j’ai le nez sur mon téléphone pour voir les horaires. 17h15, il y a un train, parfait, il arrive justement. Il y a foule sur le quai. Enormément de gens veulent monter à chaque entrée de wagons, je fais partie du troupeau. Les gens montent, montent. Je ne suis pas encore dans le wagon que la sonnerie de départ retentit, des gens devant moi, derrière moi essaient de monter. Un homme, derrière moi, me dit : allez-y madame, montez (il y a encore 2 ou 3 personnes devant moi qui ne sont pas dans le train). Ça sonne, les portes vont se fermer.
Allez-y Madame, montez.
J’ai dit : bêêê non !
Enfin j’ai dit : mais non !
Et je me suis barrée. J’ai vu un jeune essayer de forcer la porte qui se fermait, rentrer, être à moitié coincé entre le dehors et le dedans. Là, j’ai fermé les yeux.

J’ai attendu le prochain train qui est arrivé 10mn après. Beaucoup moins de monde dedans.

Alors, peut-être que tous ces gens avaient des enfants à récupérer chez la nounou, au périscolaire, je ne sais pas.

Je crois aussi qu’on se laisse embarquer, balloter par un fleuve au courant très fort et qu’on ne réfléchit plus sur notre existence, on n’en a plus aucune maîtrise.

C’est pas ça, la vie, non c’est pas ça.

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