Rascar Capac, le retour

Rascar Capac. Tintin. Les sept boules de cristal. J’ai adoré les sept boules de cristal. J’adorais Rascar Capac. La momie. Je la trouvais magnifique. Elle faisait un peu peur.

Il y a trente ans, j’habitais dans un appartement, au premier étage, un F3. Je l’aimais beaucoup. Il y avait du parquet partout sauf dans la cuisine et la salle de bains évidemment. La fenêtre de ma chambre donnait sur un bassin. La classe. En face, il y avait un pont, je le traversais et j’étais à Saint-François, le quartier des restos et des bars. Cool.
Les autres fenêtres donnaient sur une cour enfermée par mon immeuble de trois étages et pour les autres côtés, il y avait juste un étage avec un patio pour déambuler autour.  J’aimais bien, j’avais l’impression d’être en Italie. Pourquoi l’Italie ? Je n’en sais rien, je n’étais jamais allée en Italie à l’époque. Le patio, sans doute.

Mes fenêtres avaient des rideaux en dentelle. Les murs de l’appartement étaient blancs avec les plinthes grises. C’est ma copine Nathalie qui m’avait donné l’idée des couleurs et surtout, elle m’avait énormément aidée à tout peindre. Je n’allais pas très, très bien à l’époque. J’avais été capable de mettre du scotch sur le papier qui se décollait et repeindre par-dessus. Qu’est-ce que j’avais fait encore ? J’avais mis du scotch de déménagement sur les vitres pour ne pas mettre de peinture dessus. N’importe quoi ! L’horreur à retirer, ce scotch, après !

J’ai rencontré Jak. Et j’ai tout de suite été mieux.

Un soir, j’étais assise sur le canapé du salon. Je discutais avec Jak. Les lumières étaient éteintes. L’éclairage des lampadaires de la cour suffisait, ou la clarté de la lune peut-être.

Soudain, je vois quelque chose sur le mur. La lumière, l’ombre, le rideau en dentelle. Je dis à Jak : on nous regarde !

  • Quoi ?!

Je prends un crayon et le passe sur l’ombre. Puis j’allume pour voir. C’était Rascar Capac. Je suis sûre.

J’ai laissé ce dessin sur le mur de cet appartement. Et un jour, j’ai déménagé. Je ne pouvais pas emmener le mur. Alors, j’ai pris un transparent, j’ai repassé sur le dessin. Je ne pouvais pas le laisser là, mon Rascar Capac. Je l’adore.

Je l’ai retrouvé, hier.

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