La baignade

C’était la fin de mes vacances dans mon petit coin de paradis.
Ce petit coin en Bretagne, dans les Côtes d’Armor dont on tait le nom pour éviter que les gens viennent le dénaturer. Parfois, on n’est pas partageur. C’est pas bien !

C’est une baie au creux de la vallée aux lumières extraordinaires, à l’eau transparente. Quelques maisons tranquilles au bord de la grève, une grève de galets roses, bruns, marbrés. Des îles désertes, minuscules à l’horizon, de petits voiliers, quelques bateaux à moteur, ballotés par le courant. Gling gling font les drisses sur les mats. Les vaguelettes viennent mourir doucement sur la plage, joli clapotis. Berceuse. Mmm.

Une aigrette vient à passer, le bec dans l’eau, elle ratisse tandis que le cormoran emmerde la mouette rieuse. Sous nos yeux. Nous ignorant superbement.

Dernier jour, dernier bain.

11h, le moment idéal pour la dernière baignade, la mer est haute, le soleil caresse et réchauffe les galets.

Malgré tout, l’eau est fraîche. Humpf, ça pique.

Il n’y a jamais grand monde dans l’eau.

Ce jour-là, à côté de moi, dans cette eau si limpide, il y avait une mamie et sa petite fille. Une mamie aux cheveux courts et grisonnants qui pourrait avoir autour de 70 ans et sa petite fille d’environ 8 ans, replète, souriante, cool. Elles jouaient ensemble, bavardaient.

Mamie, Mamie, viens voir ici, l’eau est chaude.

Et la mamie s’approchait pour constater : tu as raison, il y a des courants chauds, on se croirait dans un bain. 

Puis un peu plus tard : mamie, tu as peur des araignées ?

Oh oui, un peu !

Moi, non ! Alors les veuves noires….

J’ai préféré m’éloigner. On va dire que le sujet ne m’intéressait pas.

Toujours un peu plus tard, la mamie : tu n’as pas froid ? Moi, j’ai froid, je vais sortir.

Pourtant encore un peu plus tard, toujours dans l’eau, la mamie et la petite fille se sont transformées en acrobates. L’enfant a mis ses pieds dans les mains de sa grand-mère qui les soulevaient pour la projeter en arrière dans l’eau. Et elles riaient. Elles étaient si heureuses, si complices, si douces. Si belles.

Et moi, je ne savais pas si c’était l’eau ou des larmes qui coulaient sur mes joues. Après tout, les deux sont salées. J’aurais voulu que ce moment dure toujours.

En fait, vivre simplement, c’est possible, ça existe.

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