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Mise en bouche
Je vais vous partager les échanges que j’ai eus avec les conseillers. C’est très intéressant.
J’ai découvert, il y a environ une semaine que Jak avait une date de péremption. Il ne doit pas aller au-delà de 75 ans.
Et vous, savez-vous si vous avez une date de péremption ? Vous devriez vérifier !
Jak comme moi avons toujours eu un travail peu stabilisant avec très peu de couvertures sociales. Lui encore moins que moi. En 1999, je lui ai conseillé de prendre une prévoyance santé avec un capital décès. Effectivement, ça lui a été utile car il a dû surmonter plusieurs périodes de graves maladies. D’ailleurs, une année, l’un de ses éditeurs n’avait pas pu le payer car il avait des soucis de trésorerie donc Jak n’avait pas pu cotiser à sa caisse ce qui fait que l’année d’après, quand il a eu un cancer, la caisse ne lui a rien versé car il n’avait pas cotisé : ça tient à peu de choses ! Et heureusement qu’il avait une prévoyance.
Fin 2021, il a eu de nouveau de graves problèmes de santé, il a fait appel à sa prévoyance. Ça a été un peu compliqué d’avoir des indemnités mais il en a eu. Des toutes petites mais il en a eu.
2022, il demande sa retraite. Il a 64 ans. Il a travaillé toute sa vie mais sa caisse (l’agessa) n’a pas pris de cotisations durant des années et des années pour sa retraite ce qui fait qu’il n’a même pas 500€ de retraite par mois.
Etant en retraite, il voit avec son assureur pour arrêter sa prévoyance puisque dorénavant, il est sous le régime de la sécurité sociale. Alors déjà, le type qui a mis en place cette prévoyance n’existe plus au Havre. Il finit par trouver un interlocuteur par téléphone. Ce monsieur lui dit : ok, vous n’avez plus besoin de prévoyance mais continuez à cotiser, ça fera un capital décès pour votre femme au moment de votre disparition, c’est comme une assurance-vie.
Nous en parlons, je dis ok. Je me dis : après tout, j’ai protégé toute la famille au cas où je disparaitrai, c’est bien aussi que Jak me protège.
La retraite, ça a du bon : j’ai enfin le temps de mettre le nez dans tous les papiers, dans toutes les assurances. Je rencontre des agentes d’assurance pour m’aider à comprendre et faire le point.
Et là, on me dit que pour que ce contrat me rapporte un peu d’argent, il faut absolument que Jak meurt avant 75 ans !! Après, je n’aurai rien.
Je suis complètement dégoûtée ! Dégoûtée qu’on puisse proposer un contrat avec une durée limitée de vie pour le contractuel. Comme un loto : tu perds ou tu gagnes ! Et tu perds plus souvent que tu ne gagnes !
Je n’ai pas réussi à joindre par téléphone l’assureur. Nous avons des échanges. Je lui ai envoyé un mail hier soir. Il m’a répondu aujourd’hui en disant que j’étais agressive.
En fait, je crois que je suis plutôt ironique. J’adore l’ironie.
Dans son mail d’aujourd’hui, il écrit : « En 2021, le conseil s’est fait par téléphone et j’ai expliqué les choses, ce qui a convaincu Monsieur et qui a fait un choix en toute connaissance des choses. Cette année là, Monsieur avait eu une période compliqué et il été pris en charge pour de gros soucis de santé par nos soins. »
Donc, c’est bien ce que je pensais : il a fait le pari que Jak allait bientôt mourir. C’est dégueulasse !!
Vous noterez la précision de ses dires « expliqué les choses », « en toute connaissance des choses ». Manque de vocabulaire, peut-être ?! Ses fautes, je m’en fous, c’est le fond qui m’intéresse !
Alors, évidemment dans ma lettre d’hier, je lui ai fait une explication, une analyse de texte de son mail précédent, ça énerve et c’est jugé agressif, à l’ère de la novlangue, il n’est pas habitué.
Jak a résilié son contrat par lettre recommandée. Cotisations à fonds perdus, je m’en fous. On ne joue pas avec la vie des gens.